Londres abrite quantite de batiments bijoux.
Mon prefere reste la Michelin House - soooo Frenchie!
Michelin avait fait construire la leur QG britannique en 1909. Tres moderne pur l'epoque, tout en beton - 5 mois a peine pour que l'affaire roule. A l'epoque, c'etait le paradis de l'automobiliste - 30000 pneux stockes au sous-sol, une boutique proposant quantite d'accessoires, y compris des cartes routieres dont Michelin etait ferru (les fenetres de l'etage representent d'ailleurs des cartes de France, des rues de Paris...). Mais le plus etonnant est le melange Art Deco, Art Nouveau, Edwardien - les sublimes vitraux, les carreaux exterieurs depeignant des voitures de l'epoque, la geometrie creee par les carreaux et mosaiques... Et meme, a l'avant, deux coupoles rappelant des empilements de pneus.
En 1985, la compagnie decide de vendre - les locaux sont trop petits, l'emplacement n'est plus aussi strategique.
Terence Conran - le fondateur d'Habitat dont la maison mere a longtemps ete... just'en face! - trouve des partenaires, decide de renover l'ensemble qui abritera tres vite un immense magasin Conran, une maison d'edition mais aussi... le restaurant Bibendum au premier etage et le Bibendum Oyster Bar au rez-de-chaussee.
Le bonhomme Michelin est bien sur tres present dans la decoration - affiches d'epoque, vaisselle, gravures... Le latin Nunc est bibendum reprennait le slogan A votre sante.Le pneu Michelin boit l'obstacle.
C'est a l'etage vraiment que les vitraux prennent toute leur splendeur, une luminosite bleue extraordianire qui rappelle les fonds-marins.

Notez aussi le style de Mr Bibendum - cigare, lorgons ou lunettes pince-nez!
L'image a bien evolue depuis - des les annees 80, on le voyait courir, puis sa silhouette s'est affinee... comme leurs pneus, plus legers, plus modernes, plus sports (Michelin developpe d'ailleurs des pneus sans air).
Quant au restaurant? Tout est dans l'esprit Conran. Philosophie du chic, de l'elegance, du design, de l'efficacite. Meme les verres et les vases sont rebondis pour rappeler les rondeur de Mr Big. Le personnel est impeccable, reactif, veille discretement sur chaque table. Le passage d'un plat a un autre est un peu lent - compter 2 heures pour un dejeuner un dimanche midi - sans doute car tout est frais, prepare a la demande. Le pain frais - baguette ou pain de campagne aux cereales et pistaches - est distribue dans d'immense panieres. Je louerai les mussel and saffron linguini, cremeuses et rehaussees a souhait, fondantes, dont le souvenir reste avec vous bien au-dela du repas, la salsa addictive et tangy de legumes qui accompagne la plupart des plats, le mascapone a l'anis etoilee qui s'allie si parfaitement avec l'acidule de la barbadine. Le cafe est somptueux - a la fois doux et merveilleusement torrefie - et servi avec des truffes chocolatees.

Et L*A? Elle reinvente le Fish and Chips...
